Syndicat de journalistes CGT - section de l’Agence France-Presse

Agence France-Presse Branch of the French National CGT Journalists' Union (SNJ-CGT)


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EXPERTS OU FOSSOYEURS DE L’AFP ?

 

Tous nous avaient promis de réfléchir à l’avenir de l’AFP et de donner du temps au temps. Des auditions ont eu lieu à l’Assemblée nationale les 2 et 9 décembre. Une table ronde, revendication historique de la CGT, est prévue au Sénat le 12 janvier. Puis tout à trac, le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand - neveu du créateur du statut de 57- annonce la formation d’une commission d’experts chargée d’étudier l’évolution de l’AFP.

Pourquoi pas, mais le SNJ-CGT se pose la question de la légitimité de certains de ces "experts" à réfléchir sur l’avenir de l’Agence. Le doute est plus que jamais permis. On se moque de nous.

Henri Pigeat, président de ce groupe d’experts : PDG de l’AFP de 1979 à 1986, il a plongé l’Agence dans un des plus longs conflits qu’elle ait connue en 1986. Il a du quitter l’AFP la tête basse cette année-là, chassé par le personnel, à la suite de cette grande grève causée par un plan de licenciements de 150 suppressions de postes. Il avait aussi la volonté de fermer le service photo. Il aura fallu un conflit, moult démarches de l’intersyndicale de l’époque puis enfin la désignation d’un cabinet d’étude pour que Pigeat cède et garde la Photo, service aujourd’hui largement bénéficiaire et donné en exemple par l’actuelle direction. Preuve est faite, une fois de plus, que le statut n’a jamais entravé le développement de l’Agence et démontre les mauvais choix stratégiques de certains des prédécesseurs de Pierre Louette. Quelle légitimité lui donner à réfléchir sur l’avenir de l’AFP ?

Jean-Marie Colombani : il a dû quitter le Monde après avoir plongé le quotidien dans une grave crise due à une politique d’acquisitions et de diversification à tout-va, conseillé par le multicartes et médiatique Alain Minc. Mise en bourse du titre, plans sociaux, ont entamé la rédaction au détriment des salariés, des syndicats et des lecteurs. Aujourd’hui, le groupe Lagardère monte en puissance dans le journal et son pendant internet. A hauteur d’un quart, dit-on. Quelle crédibilité lui donner à réfléchir sur l’avenir de l’AFP ?

Fabrice Boé : la CGT de Prisma presse avait dénoncé le parachute doré dont il aurait bénéficié à son départ de l’entreprise. Mauvais choix également.

Pour le SNJ-CGT, l’avenir de l’AFP est un enjeu trop sérieux pour le laisser aux mains d’un comité composé de personnalités, dont certaines au passif contestable, sans que des représentants du personnel de l’Agence ou des syndicats nationaux n’y figurent. Le caractère provocateur de ce comité composé à l’initiative du Ministre impose plus que jamais aux personnels de se mobiliser pour la défense du statut d’indépendance de 1957.

Le SNJ-CGT exige le retrait définitif du plan Louette et l’engagement de discussions sur une autre base. Il s’étonne que sa demande de rendez-vous formulée par lettre au ministre de la Culture n’ait reçu à ce jour aucune réponse.