Syndicat de journalistes CGT - section de l’Agence France-Presse

Agence France-Presse Branch of the French National CGT Journalists' Union (SNJ-CGT)


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CONTRE LE PLAN LOUETTE CALME ET DÉTERMINATION

 

Alors que se joue l’avenir de l’AFP, céder aux polémiques et répondre aux invectives reviendrait à ouvrir un boulevard au plan Louette. La CGT ne s’engagera jamais dans cette voie. Dans l’intérêt du personnel, nous invitons quelques camarades à ne pas perdre leurs nerfs. Nous avons eu une divergence tactique, n’en faisons pas tout un plat et concentrons-nous sur le seul combat qui vaille : le combat contre la réforme du statut.

Nous le réaffirmons : pour l’organisation du référendum, la porte est ouverte à tous, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Nous appelons tous les syndicats de l’AFP à reconsidérer leur position et à organiser rapidement avec nous cette consultation nécessaire, que le personnel attend. A défaut, la CGT l’a annoncé, elle l’organisera seule, profondément convaincue que relâcher la pression en ce moment serait une énorme bourde, d’autant qu’elle n’attend rien de positif des conclusions de la commission menée par Pigeat. Des députés de toutes tendances ont aussi vivement regretté de ne pas avoir été associés à ce "groupe d’experts".

Notre seul but est le retrait du plan Louette de transformation de l’Agence en société anonyme à capitaux publics, avec la menace d’une privatisation même partielle dans un second temps. Seule une mobilisation du personnel, dont l’organisation d’un scrutin démocratique est l’un des éléments, peut et doit payer.

Mardi 12 janvier s’est tenue au Sénat la table ronde qu’avaient réclamé la CGT, puis l’ensemble de l’intersyndicale. Étaient représentés le SNJ-CGT, la CFDT et le SNJ. Pour la CGT, comme pour l’unanimité des participants , il y a nécessité absolue de préserver l’indépendance de l’Agence et de rechercher les moyens de pérenniser le financement de l’AFP - le PDG lui-même a affirmé devant les sénateurs que c’était le vrai enjeu. Celui-ci n’est en aucun cas subordonné au changement de statut. La loi de 1957 n’a jamais empêché le développement de l’Agence.

Plusieurs solutions sont possibles et doivent être approfondies : dotation de la puissance publique par une lettre de mission du gouvernement rappelant les missions d’intérêt général de l’AFP -ce qui éviterait tout problème aux yeux de Bruxelles-, prêt à taux zéro par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour les investissements lourds (multimédia, vidéo, etc.), taxe sur les recettes publicitaires notamment celles en ligne, maintien du vote du budget des abonnements de l’État par le Parlement au moins au taux de l’inflation.

Au Sénat, la CGT a évoqué ces pistes et proposé la constitution d’un groupe de travail représentatif de tous les acteurs concernés (parlementaires, représentants de la presse, de l’État, des représentants des salariés, direction, etc.) pour examiner la meilleur configuration de ce financement dans le respect du statut.

Cette crise peut enfin permettre de rechercher et trouver une autre solution qui ne remettra pas en cause notre indépendance.

L’AFP est née d’une volonté politique de la nation dans une période beaucoup plus instable qu’aujourd’hui. Elle ne doit pas changer au gré d’humeurs, encore moins servir des desseins politiques et idéologiques.

Paris le 14 janvier 2010